L’authenticité, un art qui paie !

Si on se réfère à Carl Ransom Rogers*, la notion d’authenticité est étroitement liée à celle de la congruence. Pour préciser, la congruence est lorsque nous sommes alignés entre ce que nous ressentons et les actions que nous engageons, entre nos idées et nos discours, entre notre langage verbal et notre langage corporel.

Le besoin réciproque de confiance et de sécurité

L’authenticité requiert en premier lieu d’avoir confiance en soi et de bien se connaître, ce qui permet de mieux appréhender ses interlocuteurs, en instaurant un climat de confiance. Cette confiance est interdépendante du besoin de sécurité comme par exemple, respecter l’autre en lui laissant la place et le temps de s’exprimer comme il le souhaite.

Les conventions sociales, la vie professionnelle nous demandent de jouer un rôle, ce qui ne veut pas dire porter un masque. Jouer un rôle peut se traduire par remplir des fonctions, qu’elles soient professionnelles, familiales, institutionnelles, amicales…et non pas se cacher derrière un masque qui nous permet de ne pas assumer nos actes, de se conformer aux désirs de l’entourage, de se mentir à soi-même, de faire semblant, d’oublier ses valeurs, d’être quelqu’un d’autre, par bienséance. Mais à force de porter le masque depuis très longtemps, on finit par ne plus savoir qui l’on est vraiment: le masque ou soi ? ! C’est comme Jim Carrey dans le film « The Mask », il finit par ne plus pouvoir l’enlever, tellement il se sent bien dans ce rôle de toute puissance !

Mais vous me direz, si l’on est bien avec notre masque, quel est le problème ? Et bien, un jour ou l’autre, le masque tombe ! L’écart entre ce que nous sommes vraiment et ce que nous affichons se creuse, jusqu’à devenir un gouffre. Et là, il est beaucoup plus difficile, de rétablir la passerelle pour retrouver l’alignement et la sérénité.

Et je sais de quoi je parle !

Je faisais, il y a quelques années, partie de ces femmes que l’on appelle « les working girls, les wonderwomen, les warriors ». Ces femmes « parfaites », à la maison, au travail, avec leur mari, avec leurs enfants, super actives…Je portais ce masque. Je ne prenais pas le temps de respirer, de prendre conscience de ce que je faisais. J’étais en pilotage automatique. Et pourtant tout me semblait parfait !

Et puis, un jour, la machine s’est grippée. Mon masque a commencé à se fissurer puis il est tombé.

Je n’ai jamais voulu être une femme parfaite et je ne l’ai d’ailleurs jamais été. 😊 J’adore prendre mon temps même je suis également d’une énergie débordante. Mais ce n’est pas antinomique. J’ai cessé de vouloir répondre aux injonctions « soit parfaite » et « dépêche-toi » et j’ai commencé à respirer ! Je médite aujourd’hui tous les matins et tous les soirs et je sais ce qui est bon pour moi.

Et en tant que coach, je me sens plus alignée et plus à même de transmettre ces valeurs d’authenticité !

L’authenticité, un outil d’aide à la décision

L’authenticité, c’est avoir conscience de ce qui est essentiel pour soi. C’est avoir une vision plus juste de ses besoins, apprendre à s’aimer, à se respecter et à se fixer ses limites. C’est être fidèle à soi car cela créé le sens de notre existence.

Lorsque nous savons ce qui est bon pour nous, nous pouvons agir en conséquence.

Les émotions, de bons indicateurs

Le corps est une machine incroyable. Il nous a donné les émotions, merveilleux messagers envoyés par notre corps pour nous indiquer ce qui est bon ou pas pour nous. Il suffit juste de les repérer, d’en tenir compte, de les accepter et de mettre des mots dessus pour prendre les bonnes décisions.

Il existe six émotions primaires

  • La peur signale la présence d’un danger, réel ou imaginaire
  • La colère lorsque nous sommes menacés, quand on essaie de nous imposer quelque chose
  • La tristesse traduit un retour au calme, un retour à soi.
  • Le dégoût évite de ne pas accepter n’importe quoi
  • La surprise prépare au changement.
  • La joie augmente l’énergie disponible et le bien-être

Ces émotions fondamentales à notre vie, à notre espèce humaine, nous indiquent la nature des situations dans laquelle nous nous trouvons et les façons les mieux adaptées pour y répondre.

Faut-il encore les reconnaître, les accepter et de ne pas en avoir honte dans ces certains cas, dû au conditionnement de notre éducation pour certains.

Respirer en pleine conscience

L’une des clés de l’authenticité est d’être présent à soi et à l’autre et de cesser d’être en pilotage automatique. Stop ! Respirer tranquillement….Prenez conscience que vous lisez !

Être authentique, c’est accepter ses forces et ses faiblesses qui font de nous ce que nous sommes. Ainsi, quand nous n’avons plus peur d’être vulnérables, nous arrivons à mieux communiquer avec les autres, à éviter les conflits et les malentendus.

La méditation, qui oriente notre attention vers notre monde intérieur, est également un bel outil pour une meilleure connaissance de soi, l’accès à l’authenticité.

Et même si la fonction dans nos entreprises est plus souvent considérée que l’être humain, que nos barrières internes (éducation, préjugés, croyances limitantes…) ont la peau dure, le chemin vers l’authenticité mérite le voyage.

Être soi parmi les autres (Être soi ensemble) est l’accès à la liberté, à la sérénité, à la présence à soi et aux autres. D’ailleurs quelle partie de vous est concentrée sur cette page et quelle autre partie vogue déjà sur d’autres sujets à traiter ? 😉

Ecoutez votre corps, vos émotions, ils vous diront ce qui est bon pour vous. Vous prendrez alors les bonnes décisions en pleine conscience. En écoutant vos émotions, vous vous respectez, vous posez vos limites, vous participez à un monde plus juste et vous évitez de perdre peu à peu votre âme.

L’enjeu («en-je ») mérite le voyage. Tentez l’expérience et vous me raconterez ! 😊 

*Carl Ransom Rogers né en 1902 est un psychologue humaniste américain.
Selon Rogers, les trois attitudes fondamentales du psychothérapeute (ou de l’aidant) sont l’empathie, la congruence et le regard positif inconditionnel.
L’approche centrée sur la personne (ACP) est une méthode de psychothérapie et de relation d’aide. Cette approche repose sur plusieurs conditions que Rogers a posées sous forme d’auto-questionnement :
·      Suis-je authentique et ai-je bien conscience de qui je suis ?
·      Suis-je capable de relations positives ?
·      Ai-je la force d’être distinct de l’autre (le client) ?
·      Ai-je assez de sécurité intérieure pour laisser l’autre libre ?
Carl Rogers dit que pour le processus d’actualisation soit efficace et que pour que la personne atteigne un état de congruence, il faut qu’elle s’accepte dans son intégralité pour qu’elle soit par la suite acceptée des autres.
À propos de ma compréhension empathique :
·      Jusqu’où peut-elle aller ?
·      Puis-je accepter l’autre tel qu’il est et puis-je lui apporter la sécurité dans notre relation, sans jugement ni évaluation ?
·      Puis-je le voir en développement ?

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